Guerre en Iran : Conséquences sur la Sécurité Alimentaire Mondiale

Depuis le 28 Février 2026, une guerre oppose l’Iran, les Etats-Unis et Israël.

Le détroit d’Ormuz, contrôlé par l’Iran est une zone par laquelle une grande partie des intrants du monde passent quotidiennement (1/3 au niveau mondial).

Sa fermeture factuelle même si non officielle depuis le début du mois de mars 2026 est une menace pour la sécurité alimentaire mondiale et a eu des conséquences immédiates.

Pourquoi cette quasi-fermeture du détroit d’Ormuz ?

Plusieurs raisons peuvent être évoquées.

La menace militaire: Il y a une crainte d’attaques de drones ou de missiles dans cette zone étroite où les navires sont contraints de naviguer à faible vitesse.

Les assurances:

  • 1)La hause du prix des assurances via l’exigence de primes de guerre extrêmement élevées ce qui a pour conséquence la suspension par les compagnies maritimes, des traversés par le détroit d’Ormuz.
  • 2) Le refus catégorique de certains assureurs de couvrir les traversées par le détroit d’Ormuz.

Comment les conséquences de cette guerre impactent t-elles le commerce alimentaire au niveau local, régional et mondial ?

Les conséquences au niveau local (Iran)

L’Iran possède un climat continental varié et cultive une grande partie de son alimentation. Cependant, l’Iran dépend largement de l’extérieur en ce qui concerne la fourniture en céréales et oléagineux.

Le pays n’est toutefois pas le plus impacté par la situation au détroit d’Ormuz.

Les conséquences au niveau régional (Moyen Orient/ Golfe)

Les conditions désertiques de cette région rendent l’agriculture très difficile, ce qui rend les pays de cette zone très vulnérables face à un tel blocage, car ils dépendent de l’approvisionnement international pour se nourrir.

Les membres du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (Arabie saoudite, Oman, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis et Qatar) importent environ:

  • Plus de 80 % de leurs denrées alimentaires
  • Près de 90 % de leurs céréales
  • Près de 60 % de leurs viandes
  • Près de 50 % de leurs légumes.

Pour le moment, il n’y a que des conséquences économiques mais les conséquences sanitaires pourraient finir par arriver incessamment sous peu si la situation du détroit d’Ormuz ne change pas.

Les conséquences au niveau international

En France:

  • « Actuellement, il y a 252 conteneurs, soit près de 5 000 tonnes de pommes françaises, qui sont sur l’eau et attendent d’être déchargées vers les pays du Golfe » a déclaré Daniel Sauvaitre, Président de l’Interprofession des fruits et légumes frais. 
  •  » Imposition d’une surtaxe de 4000 dollars par les armateurs et ce par conteneur « , a rapporté Daniel Sauvaitre, Président de l’Interprofession des fruits et légumes frais.
  • La Coordination rurale exige que les prix de l’électricité et du gaz à usage agricole soient plafonnés, «s’ils s’envolent dans les prochains jours», et demande la mise en place d’un bouclier tarifaire.
  • La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) a déclaré que : «Dans une période déjà marquée par de fortes crises agricoles, l’État doit agir rapidement pour éviter qu’une crise géopolitique ne se transforme en nouvelle crise économique pour nos exploitations».

En Afrique subsaharienne:

Le constat de dépendance aux engrais en provenance du Golfe Persique préfigure une possible pénurie à venir. En particulier pour des pays tels que le Soudan, la Tanzanie, la Somalie, le Kenya ou encore le Mozambique.

Plus globalement:

  • Un tiers du transport maritime mondial des engrais transite par le détroit d’Ormuz. Ce pourcentage montre à quel point l’agriculture mondiale et par extension l’alimentation mondiale est liée au bon fonctionnement de cette zone.

L’avis de SEPHORAGRO

Plus qu’une guerre politique ou religieuse, il s’agit là d’une guerre économique, agricole et alimentaire.

La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz met en grosse difficulté le marché international des engrais, très dépendant des fournitures d’urée et d’ammoniac, composants-clés des produits phytosanitaires transitant par ce détroit.

Dans un contexte géopolitique mondial aussi instable, dont cette guerre est un grand rappel, chaque pays devrait organiser des réflexions nationales sur la (ré)implantation de la production d’engrais locaux mais aussi sur sa capacité à nourrir sa population, et ce, urgemment.

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APITHY Séphora

Juriste spécialisée en droit de l’agriculture et des filières agro-alimentaires

Auteure de l’ouvrage Des Mots de Culture et d’Agriculture (disponible sur amazon.com)

Sources:

  • ONU Info (Organisation des Nations Unies)
  • Données du spécialiste de l’assurance-crédit Coface
  • FNSEA
  • Coopération rurale française

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Publié par sephoragro

SEPHORAGRO a pour vocation de rendre plus accessible les informations relatives au monde agricole et agroalimentaire, et ce, notamment sur le plan juridique.

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